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Exposition / Architecture

JEUNES ARCHITECTES 
EN BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ #03

Antoine Devaux

Du 25 juillet au 20 septembre 2026

Les samedis et dimanches de 13h à 19h

À la suite du succès rencontré par les expositions consacrées à la jeune agence d’architecture doloise Basal ainsi qu’à l’agence dijonnaise Haptomai – respectivement premier et deuxième opus d’une série d’expositions annuelles dédiées aux jeunes architectes en Bourgogne-Franche-Comté –, Le BEEB présentera une nouvelle exposition mettant en lumière une pratique architecturale émergente en Bourgogne-Franche-Comté.

Les réalisations d’Antoine Devaux ont été unanimement saluées par le public et le jury lors du récent Palmarès Regards sur l’architecture et l’aménagement du Jura. Ces projets témoignent de manière éclatante des aptitudes précoces et du talent de ce jeune architecte jurassien. Depuis plusieurs années, Antoine Devaux livre avec régularité de remarquables projets de transformation et de réhabilitation d’anciens corps de ferme, de granges et d’habitations entre Lons-le-Saunier et le Haut-Jura. Ses réalisations se caractérisent par une singularité affirmée et un souci constant du détail, alliant une attention méticuleuse aux caractéristiques intrinsèques du bâti ancien à une recherche opiniâtre de qualités spatiales inédites.

La Disparition du paysage *

Oeuvrant depuis 2016 comme architecte dans ce territoire rural du Jura qui m’a vu grandir, c’est assez naturellement que je suis rapidement investi par la maîtrise d’ouvrage privée dans des opérations de réhabilitation de vieux corps de ferme francs-comtois.

Ces solides bâtisses, édifiées entre le XVIIIe et le XIXe siècle, sont exemplaires tant dans leur cohérence constructive que dans la relation qu’elles entretenaient avec l’environnement dans lequel elles s’inséraient. Pourvues d’une grange à foin, d’une étable et d’une porcherie, c’étaient alors tout autant des fabriques de transformation du territoire et donc de production du paysage qu’elles constituaient, en peu de pièces, un sobre foyer intérieur abritant la famille paysanne.

Aujourd’hui, les commandes qui me sont confiées en rénovation de ces bâtiments sont quasi systématiquement toujours liées au loisir. Ici une résidence secondaire, là un gîte, là-bas des chambres d’hôtes : ces programmes témoignent du changement radical de notre rapport au territoire que l’on ne produit plus collectivement mais que l’on consomme sans scrupule.

Jouissant innocemment des points de vue offerts par tel ou tel belvédère, c’est aussi installés bien au chaud derrière des baies toujours plus larges que nous contemplons désormais avec une légèreté guillerette ce paysage devenu idyllique, trempant dans l’illusion que tout est permanent, éternel et parfait.

Béat face à cette immédiateté panoramique castratrice, c’est ce glissement opéré d’une relation active et fusionnelle de labeur au territoire vers une relation passive et détachée de contemplation du paysage qui pose question et anime l’essentiel de mon travail.

L’œuvre construite s’élabore alors au fil des projets dans la répétition obstinée d’un schéma : les espaces de vie sont tenus en retrait des façades, campés dans l’espace originel et cathédral de la grange, à l’orée du paysage. C’est là, en creux dans l’épaisseur de ce seuil élargi, que sont livrés à eux-mêmes les nouveaux occupants de ces fermes rénovées, dans un tiraillement incessant entre leur confortable intérieur domestiqué et cet indomptable mais non moins irrésistible dehors.

Antoine Devaux

* J’extorque opportunément à l’écrivain bruxellois Jean-Philippe Toussaint le titre de cette exposition.
Il raconte dans sa pièce éponyme la convalescence d’un homme qui, victime d’un attentat, est immobilisé en fauteuil roulant à Ostende, condamné à regarder le même paysage - la mer - depuis la fenêtre de son appartement du sixième étage. Les travaux de surélévation qui ont commencé sur le toit du casino lui bouchent progressivement la vue : « Le jour n’entre quasiment plus dans l’appartement, mon horizon se scelle, le paysage disparaît irrémédiablement ».

Cette exposition a bénéficié du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne-Franche-Comté, du Conseil Régional de l’Ordre des Architectes Bourgogne-Franche-Comté et de la Communauté de communes Bresse Haute Seille.

www.antoinedevaux.info

JABFC / Antoine Devaux